mercredi, avril 22, 2015

Bel hommage au premier cinéaste algérien : Tahar Hannache


Tahar Hannache
1898-1972
Qui se souvient de Tahar Hannache? L’histoire le retient comme le réalisateur du premier film algérien : Les plongeurs du désert (1). Du 28 au 30 de ce mois d’avril 2015, une exposition lui sera consacrée au Palais de la culture d'Alger.  
Une belle initiative de Ahcène Dafer qui, à l’occasion, vient de sortir un recueil dédié à ce pionnier du cinéma algérien. Ahcen Dafer vient de lui consacrer en effet une publication dont je vous livre ici la quatrième de couverture.  
« L’histoire retient [Tahar Hannache] comme le doyen des cinéastes algériens. Sa carrière, il l’a entamée dés 1922 en tant que figurant dans le film L’Atlantide de Jacques Feyder, à l’époque où le cinéma était encore muet. Mais bien qu’il enchaîne durant les années 20 et 30 des rôles aux côtés des plus grands acteurs de l’époque (Fernandel, Raimu, Viviane Romance), c’est dans le domaine technique qu’il s’illustre le plus au point de se voir solliciter par des réalisateurs de prestige à l’instar de Rex Ingram ou Abel Gance. Régisseur, opérateur, directeur de la photographie, metteur en scène, assistant-réalisateur, puis réalisateur, il enchaîne les métiers liés au cinéma afin d’avoir une maîtrise la plus complète dans le processus de fabrication d’une œuvre cinématographie. 
 En 1942, il devient ainsi le premier arabe et africain à se voir attribuer une carte professionnelle de cinéaste. À la fin de la Deuxième Guerre mondiale, il se rend au Maroc et signe Sérénade à Meriem qui est l’un des tout premiers films marocains réalisés en langue arabe. À la tête de sa propre société de production, TahaFilm, il réalise de nombreux documentaires et films dont le célèbre Les plongeurs du désert qui sera considéré plus tard comme le premier film entièrement algérien. C’est également sous sa houlette que seront produits, dés 1954, les premiers sketches de la télévision. À l’indépendance du pays, il est l’un des rares à demeurer en poste et permettre ainsi à la toute nouvelle RTA de succéder à l’ORTF sans qu’il y ait interruption d’émission des ondes. Sans prendre de retraite, il continuera à exercer jusqu’à son décès le 1er août 1972. »
À noter que l’exposition consacrée à Tahar Hannache se tient simultanément avec le SONIM 2015, un salon professionnel dédié à l'audiovisuel et aux métiers du spectacle qui est justement placé en hommage au doyen du cinéma algérien.

(1) Dans Les plongeurs du désert, Himoud Brahimi dit Momo tient le rôle du plongeur, Mohamed Iguerbouchen signe la musique du film et, Djamel Chanderli, neveu de Tahar Hannache, est assistant-réalisateur. Le film, censuré par la commission coloniale, ne sera distribué en Algérie qu’à partir de 1962. Il est cependant sélectionné au Festival de Cannes en 1953 et vendu à 7 pays.

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