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| 1925-2026 |
Une grande dame vient de nous quitter. Charlye Audin-Buono, sœur du mathématicien Maurice Audin — assassiné à Alger durant l’époque coloniale, à l’âge de vingt‑cinq ans — et épouse de Christian Buono, disparu en 2012, vient de s’éteindre à l’âge de cent ans.
Issue d’une famille dont l’histoire est intimement liée à celle de l’Algérie, Charlye Audin-Buono avait consacré un livre à sa mère, Les roses d’Alphonsine. On y lit cette phrase lumineuse : « Algérienne, je l’étais par Alphonsine avant le jour de ma naissance. » Tout est là : la filiation, la terre, la mémoire, l’appartenance qui précède même la venue au monde.
Comme son frère Maurice, comme son mari Christian, Charlye choisit, avec une discrétion tenace, le camp de l’indépendance algérienne. Son engagement n’avait rien du fracas des tribunes : il relevait plutôt d’une fidélité silencieuse, forgée dans les blessures de l’histoire et dans une exigence inébranlable de dignité pour les vies brisées, les combats menés, les vérités longtemps étouffées.
La cérémonie d’adieu aura lieu le jeudi 29 janvier 2026 à 16 h, au crématorium du 27, rue Georges Méliès, à Cormeilles-en-Parisis, en banlieue nord-ouest de Paris.
Charlye Audin-Buono et les siens vécurent dans mon quartier, à la Cité La Montagne, à Alger, jusqu’en 1965. Leur présence appartient désormais à la mémoire des lieux, comme une trace douce et persistante que le temps ne parvient pas à effacer.

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